Harpe éolienne acoustique à 16 cordes, hauteur 4 mètres
2 micros électret, 1 caméra Innomaker, Raspberry Pi 3, Icecast
Air-Zeitgeist > streaming prototype
16-string acoustic wind harp, 4 metres high
2 electret microphones, 1 Innomaker camera, Raspberry Pi 3, Icecast
AIR_CONCEPT :
AIR consiste à faire œuvre à partir de signaux acoustiques et
données climatiques captés en temps réel dans un ou plusieurs
paysages par des harpes éoliennes, pour les transmettre à une
autre installation qui recrée de toute pièce un paysage
imaginaire à partir de paysages réels. Son principe est donc
adaptable à tout lieu et toute échelle.
AIR prolonge un corpus d’œuvres éoliennes intitulé ZEITGEIST,
inscrit dans un champ actualisé de l’écologie sonore à la
croisée du land art et de la musique. Jusque-là, les
installations ou performances de ZEITGEIST se sont concentrées
sur des lieux précis comme des montagnes, des fleuves ou des
villes. Ici, le projet présenté cherche à prendre la
température d’un territoire bien plus vaste, sous la forme
d’un réseau.
AIR_PRINCIPE :
En extérieur, des harpes éoliennes chantent au gré des vents
qui les traversent. Elles expriment toutes la rumeur cachée des
paysages qui les accueillent en rendant audible leurs
vibrations. Le public est invité in situ à en écouter le chant
là où elles vibrent, telle une œuvre de land art sonore. Elles
peuvent être regroupées en un même endroit, ou bien être très
éloignées. L’important ici est de puiser dans le climat, une
information vibratoire. Alimentées en électrécité (filaire ou
solaire), les harpes sont munies de centrales météo autonomes,
d'une caméra, de micros, et d’une connexion internet (filaire
ou 4G) pour transmettre en temps réel leurs paysages sonores
et données climatiques à un serveur, en toute autonomie.
En intérieur dans une salle d’exposition, les signaux audios
des harpes ainsi que leurs ambiances bioacoustiques et données
climatiques sont récupérés du serveur pour être synthétisées
dans une installation sonore et lumineuse, de manière
inversée : sa lutherie se compose également de cordes. Elles
sont excitées par électromagnétisme à partir des signaux
électro-amplifiées des harpes extérieures pour faire vibrer
une membrane, déployée quant à elle par deux grands pavillons.
Un système électromécanique de tension et martèlement des
cordes ainsi qu’un jeu de lumière s’animent au gré des données
climatiques, apportant un côté spectaculaire dans le
comportement génératif et organique de l’œuvre. Son ambition
est de faire sonner à l’oreille du public, le grondement croisé
de paysages disséminés.
Direction artistique, lutherie, programmationVirgile Abela
Développement informatiqueFranck Lefevre, K1, Argentan
Développement électroniqueAlexis Choplain, Arnaud Gabard
Ressources audiostream & field recordingGrégoire Lauvin, laboratoire Locus-Sous, Aix-en-Provence
Ressources scientifiquesJean-Marc Routoure, Olivier Mareschal et Basile Dufay, chercheurs au GREYC-CNRS, laboratoire en sciences du numérique, Caen
Production déléguéeDavid Dronet, Station Mir, Caen
Chargé de partenariatsLuc Brou, Oblique/s, Caen
Partenariats
College of Arts, Social Sciences and Celtic Studies,
University of Galway, Irlande
SoundArtBrighton, Angleterre
Illutron, Copenhague, Danemark
Maria Giovanna Gilotta, Sicile, Italie
Coproduction
Esam de Caen-Cherbourg,
Euphonia – Friche de la Belle de Mai, Marseille
Virgile Abela
Bourse de production
Année européenne des Normands 2026–2027
Région Normandie
Bourse de résidence de recherche
Laboratoire Modulaire, Caen
Esam de Caen-Cherbourg
AIR_CONCEPT:
AIR involves creating art using acoustic signals and climate
data captured in real time in one or more landscapes by wind
harps, and transmitting them to another installation that
recreates an imaginary landscape from scratch based on real
landscapes. Its principle is therefore adaptable to any
location and any scale.
AIR expands on a body of wind-powered works entitled ZEITGEIST,
situated within a contemporary field of sound ecology at the
intersection of land art and music. Until now, the ZEITGEIST
installations and performances have focused on specific
locations such as mountains, rivers or cities. Here, the
project presented seeks to take the pulse of a much wider
territory, in the form of a network.
AIR_PRINCIPLE :
Outdoors, wind harps sing as the wind blows through them. They
all give voice to the hidden murmur of the landscapes that
host them, making their vibrations audible. The public is
invited to listen to their song on site, where they vibrate,
much like a piece of sound land art. They can be grouped
together in one place, or be situated far apart. The key here
is to draw vibrational information from the atmosphere.
Powered by electricity (wired or solar), the harps are equipped
with autonomous weather stations, camera, microphones, and an
internet connection (wired or 4G) to transmit their songs and
weather data in real time to a server, entirely autonomously.
Inside an exhibition hall, the audio signals from the harps,
along with their bioacoustic environments and climate data,
are retrieved from the server to be synthesised in a sound and
light installation, in a reverse process: its structure also
consists of strings. These are excited by electromagnetism
using the electro-amplified signals from the outdoor harps to
vibrate a membrane, which is in turn supported by large horns
and resonators. An electromechanical system for tensioning and
striking the strings, along with a light display, comes to life
in response to weather data, adding a spectacular dimension to
the work’s generative and organic behaviour. Its aim is to
bring to the audience’s ears the intertwined rumble of
scattered landscapes.
Partners
College of Arts, Social Sciences and Celtic Studies,
University of Galway, Ireland
SoundArtBrighton, England
Illutron, Copenhagen, Denmark
Maria Giovanna Gilotta, Sicily, Italy
Co-production
Esam de Caen-Cherbourg,
Euphonia – Friche de la Belle de Mai, Marseille
Virgile Abela
Production grant
European Year of the Normans 2026–2027
Normandy Region
Research residency grant
Laboratoire Modulaire, Caen
Esam de Caen-Cherbourg
Infinite Pendulums est une œuvre sonore, cinétique et lumineuse
pour 4 grands pendules soumis à la gravité, en résonance avec
l’empreinte acoustique du lieu d’exposition. Ils sont les
instruments-performeurs d’une composition en 3 parties
(nuit/jour/crépuscule), de 30’.
Dans la pesanteur, ils s’offrent à nos regards avec l’étrangeté
d’une robotique animale adressée à nos corps physiques. Leurs
comportements hypnotiques nous invitent dans les paradoxes du
fini et de l’infini, comme de la dualité onde-corpuscule et
jouent avec la persistance rétinienne du public.
Direction artistique, composition, programmation
Virgile Abela
LumièreArié van Egmond
ElectroniquePatrick Sanchez
Robotique, modélisation
Etienne Gourc
Usinage numérique
Jean-Marc Corneloup
Construction
Valentine Guillien & Sylvain Gorget
Impression 3D
Vincent Long & Sebastien Wierinck
Production Déléguée
Station Mir
Coproduction
GMEM, Un Singe en Hiver, Maison de la Tour, Euphonia
Accompagnement scientifique
Plateforme MAS LMA-ECM-CNRS-AMU
Accompagnement technique
Collectif Manœuvre
Soutiens
Millénaire de Caen 2025
SCAN (Fond de soutien à la création des arts numériques)
DRAC Rhône-Alpes & Bourgogne Franche-Comté
SACEM
Infinite Pendulums is a kinetic, sound and light installation
that resonates with gravity. In the acoustic imprint of the
exhibition space, four large pendulums, one microphone, two
subwoofers and twelve projectors – the installation's
performing instruments – cyclically (re)interpret a 30-minute
sound, kinetic and light composition in three parts, following
a Night – Day – Twilight cycle.
Subjected to gravity, the pendulums appear to us as strange
robotic creatures, addressing our physical bodies. Their
hypnotic behaviour invites us to explore the paradoxes of the
finite and the infinite, as well as the wave-particle duality,
playing with the audience's retinal persistence. It is in
these interstices that the work finds its poetic and
vibratory language.
Artistic direction, composition and programming
Virgile Abela
LightingArié van Egmond
ElectronicsPatrick Sanchez
Robotics and modelling
Etienne Gourc
Digital fabrication
Jean-Marc Corneloup
Construction
Valentine Guillien & Sylvain Gorget
3D printing
Vincent Long & Sebastien Wierinck
Executive producer
Station Mir
Co-production
GMEM, Un Singe en Hiver, Maison de la Tour, Euphonia
Scientific collaboration
MAS Platform — LMA-ECM-CNRS-AMU
Technical collaboration
Collectif Manœuvre
Supported by
Millénaire de Caen 2025
SCAN (Digital Arts Creation Fund)
DRAC Auvergne–Rhône-Alpes & Bourgogne–Franche-Comté
SACEM
Infinite Pendulums
4 pendules sonores et lumineux, hauteur modulable de 3m20 à 4m,
8 haut-parleurs, 1 micro, 2 subwoofers et 12 projecteurs.
Infinite Pendulums
4 sonic pendulums, adjustable height from 3.20 m to 4.20 m
8 loudspeakers, 1 microphone, 2 subwoofers and 12 projectors.
1 / 20
Pendule Acoustique est une installation autonome et
générative mettant en corrélation acoustique et gravité.
De lignes en ellipses, le pendule redessine les contours
architecturaux de l'espace que le visiteur découvre, à
l'écoute d'un « chant infini » issu d'un feedback finement
modulé par le mouvement. Dans une danse sans début ni fin
entre équilibre et chaos, cette installation nous propose
à la lumière du jour, une expérience sensible et
contemplative en symbiose avec la pesanteur.
Pendule Acoustique est le fruit d’une recherche art science
avec les chercheurs de la Plateforme MAS du LMA
(Laboratoire de Mécanique et d’Acoustique) du CNRS à
Marseille depuis 2017, et a reçu le prix Pierre Schaeffer
de la bourse brouillon d’un rêve de la SCAM et du
dispositif La Culture de la Copie Privée en 2020.
Expositions, lectures & performances
SLASH SLASH festival, Dijon, Mars 2026
Espace GANTNER, Bourogne, Octobre 2024
(((Interférence_s))), CWV de Paris, Mai 2024
Le Mans SONORE, Le Mans, Janvier 2024
EXPERIMENTA, Grenoble, October 2022
FMN event, Sussex University UK, Mai 2022
Biennale SONICA, Glasgow UK, Mars 2022
Galerie Un Singe en Hiver, Dijon, Janvier 2022
festival ]interstice[15, Caen, Octobre 2021
Sorties de résidences
Le Millieu, Saut, Janvier 2020
GAMERZ festival, Aix-en-pr, Novembre 2019
Chateau Ephémère, Carrières-sous-P, Juin 2019
Acoustic Pendulum is an autonomous, generative installation
that brings acoustics and gravity into correlation. Moving
from lines to ellipses, the pendulum redraws the
architectural contours of the space discovered by the
visitor, while listening to an “infinite song” produced by
feedback subtly modulated by movement. In a dance without
beginning or end, between balance and chaos, the
installation offers, in daylight, a sensitive and
contemplative experience in symbiosis with gravity.
Acoustic Pendulum is the result of an art-science research
project conducted since 2017 with researchers from the MAS
Platform of the LMA, the Laboratory of Mechanics and
Acoustics of the CNRS in Marseille. In 2020, the project
received the Pierre Schaeffer Award from the SCAM
“Brouillon d’un rêve” grant and support from the
La Culture de la Copie Privée programme.
Exhibitions, lectures & performances
SLASH SLASH festival, Dijon, March 2026
Espace GANTNER, Bourogne, October 2024
(((Interférence_s))), CWV Paris, May 2024
Le Mans SONORE, Le Mans, January 2024
EXPERIMENTA, Grenoble, October 2022
FMN event, University of Sussex, UK, May 2022
SONICA Biennial, Glasgow, UK, March 2022
Galerie Un Singe en Hiver, Dijon, January 2022
festival ]interstice[15, Caen, October 2021
Residency presentations
Le Millieu, Saut, January 2020
GAMERZ festival, Aix-en-Provence, November 2019
Château Éphémère, Carrières-sous-Poissy, June 2019
Pendule acoustique
1 pendule sonore, hauteur de 2m87 à 3m87
2 haut-parleurs, 1 micro, 1 subwoofer, 1 régie visible, lumière du jour.
Acoustic Pendulum
1 sonic pendulum, height from 2.87 m to 3.87 m
2 loudspeakers, 1 microphone, 1 subwoofer, 1 visible control desk, daylight.
1 / 17
Virgile Abela explore « les mondes du sonore » en arts
plastiques, création sonore et musicale, arts numériques
et spectacle vivant, à travers trois relations au temps :
[temps-paysage · temps-durée · temps-mémoire]
Il mène cette recherche dans la transdisciplinarité par
le design d’instruments acoustiques ou amplifiés, la
conception de dispositifs électroniques ou robotiques
dédiés à la création contemporaine aux côtés de
chercheurs, de techniciens et d’autres artistes, à
l’échelle européenne. Il développe un travail protéiforme
où le son s’offre en expérience au spectateur, dans une
poétique du paysage.
À la recherche d’une forme d’immatérialité par la
génération de flux vibratoires issus de dispositifs
écosystémiques en rétroaction avec le vivant, il intègre
dans son travail un intérêt pour l’écologie sonore.
Ses projets sont alors conçus comme des écosystèmes à la
rencontre du vivant, en résonance avec l’environnement
dont ils émanent. Leurs manifestations proposent au
public une expérience esthétique de l’immatérialité dans
une approche holistique de l’environnement sonore,
questionnant notre rapport au monde dans l’ambivalence
nature / culture.
Virgile Abela explores "the worlds of sound" in visual
art and music creation, art-science research, digital
art and live performance, through three relationships
to time:
[time-landscape_ time-duration_ time-memory]
He conducts this transdisciplinary research by designing
acoustic or amplified instruments and electronic or
robotic devices dedicated to contemporary creation
alongside researchers, technicians and other artists on
a European scale. He has been developing a protean body
of work in which sound is offered as an experience to
the spectator, in a poetic of landscape.
In search of a form of immateriality through the
generation of vibratory flows from ecosystemic devices
in feedback with the living, he integrates into his work
an interest in sound ecology.
His projects are conceived as ecosystems in encounter
with living things, in resonance with the environment
from which they emanate. Their manifestations offer an
aesthetic experience of immateriality in a holistic
approach to the sound environment, questioning our
relationship to the world in the ambivalence of nature
and culture.
Je fis pour la première fois l’expérience de la musique du vent lors du premier confinement. Le temps était suspendu, l’activité humaine arrêtée, les routes presque vides. Plus aucun avion ni bateau n’occupait l’espace visuel ou sonore à l’horizon. La mer et le ciel retrouvaient l’apparence d’un état paisible, presque premier. Le paysage s’offrait de manière inédite à nos regards, à notre écoute, à notre disponibilité. C’est à ce moment-là que j’ai disposé cette 1ère harpe à plusieurs endroits à la recherche d’un vent laminaire dans des paysages dégagés surplombant la mer à l’ouest de Marseille.
Dans la promesse incertaine de cette étrange période, écouter le vent et ressentir son souffle à travers l’expérience synesthésique qu’offre un tel instrument, invite à un état de conscience presque politique à écouter autrement la rumeur du monde.
I first experienced the music of the wind during the first lockdown. Time seemed suspended, human activity had come to a halt, and the roads were nearly empty. No planes or boats occupied the visual or sonic horizon. The sea and the sky regained the appearance of a peaceful, almost primordial state. The landscape revealed itself in an entirely new way to our eyes, our ears, and our attention. It was at that moment that I set up this first harp in various locations, searching for laminar winds across open landscapes overlooking the sea west of Marseille.
Amid the uncertain promise of that strange period, listening to the wind and feeling its breath through the synaesthetic experience offered by such an instrument invites us into an almost political state of consciousness, encouraging us to listen differently to the murmur of the world.
zeitgeist #1
harpe-planche à 5 cordes, calanque de Marseille, avril 2020
5-string board harp, Calanque de Marseille, April 2020
zeitgeist #2
Festival ON — Octobre Numérique
Arles, octobre 2022
Festival ON — Octobre Numérique
Arles, October 2022
Le 18 octobre 2020, invité par le festival ON — Octobre Numérique à Arles à m’emparer d’une croisière augmentée sur le Rhône, j’ai installé cette nouvelle harpe sur le toit de la péniche L’Abeille Noire, embarquant à son bord un public pour une descente du fleuve de Vallabrègue à Tarascon.
L’expérience proposait une écoute au casque du mixage du field recording de la navigation — captation de l’ambiance naturelle par un couple de microphones — et du son de la harpe sonorisée.
L’éolienne opérait comme une antenne synesthésique, révélant le lien direct entre le vent et le son sur le fleuve et accentuant la perception de son influence sur l’environnement.
Cette expérience a dévoilé la dimension visible du vent, transfigurant le paysage à la manière d’un travelling cinématographique, tout en lenteur. L’écoute du son de la harpe, associée à la danse de la végétation sur les berges comme à celle de l’ondulation de l’eau, plonge notre perception du réel dans une contemplation quasi fictionnelle, pleine de poésie.
On 18 October 2020, invited by the ON — Octobre Numérique festival in Arles to take part in an augmented cruise on the Rhône, I installed this new harp on the roof of the barge L’Abeille Noire, carrying an audience downstream from Vallabrègue to Tarascon.
The experience offered a headphone-based listening session combining the field recording of the journey — capturing the natural environment with a stereo pair of microphones — and the amplified sound of the harp.
The wind turbine operated as a synesthetic antenna, revealing the direct relationship between wind and sound on the river and heightening the perception of its influence on the surrounding environment.
The experience unveiled the visible dimension of the wind, transforming the landscape like a slow cinematic tracking shot. The sound of the harp, combined with the dance of the vegetation along the riverbanks and the rippling movement of the water, immersed our perception of reality in an almost fictional contemplation, full of poetry.
Harpe à 16 cordes8 microphones piézoélectriquesCouple ORTFÉcoute au casque
Cette harpe a été exposée dans un couloir de vent exceptionnel, sur le parvis du Centre d’études atomiques de Grenoble, à quelques pas de l’Isère. Allongé dans des chaises longues pour écouter la harpe, le public était invité à contempler les variations lumineuses du ciel traversé par les nuages, tout en ressentant le vent souffler sur les corps.
L’expérience proposait ainsi une lecture augmentée du paysage, où les lumières et les chants éoliens transfiguraient une architecture moderne entourée de sa couronne alpine, grâce à une sonorisation puissante faisant vibrer les alentours.
This harp was exhibited in an exceptional wind corridor on the forecourt of the CEA (Grenoble Atomic Energy Research Centre), just a few steps from the Isère River.
Reclining in lounge chairs while listening to the harp, the audience was invited to contemplate the shifting light of the cloud-filled sky while feeling the wind blowing across their bodies. The experience offered an augmented reading of the landscape, where light and Aeolian songs transformed a modern architecture surrounded by its Alpine crown, through a powerful sound system that made the surrounding space vibrate.
Harpe à 16 cordes8 microphones piézoélectriquesSonorisation puissante
Cette harpe, installée sur le toit d'un immeuble, proposait au public une triple écoute. Une première, acoustique, était accessible aux visiteurs situés au pied de l'instrument. Une seconde, amplifiée, prenait place une trentaine de mètres plus loin, où le public était invité à s'allonger sur des transats installés sous un figuier, face à la harpe. Derrière eux, cinq haut-parleurs et un subwoofer diffusaient simultanément le son de la harpe et l'ambiance bioacoustique extérieure captée par deux microphones, immergeant cet espace dans des mélopées éoliennes variant selon l'intensité du vent.
La troisième écoute était celle de l'audiostream, auquel le public était invité à se connecter tout au long de sa déambulation sur le site où étaient présentées les autres œuvres. Cette proposition invitait ainsi chacun à faire l'expérience du mouvement de l'air à travers plusieurs degrés d'écoute d'un même paysage sonore, selon différents points de vue et différentes distances.
This harp, installed on the roof of a building, offered the public a three-part listening experience. The first, acoustic, was accessible to visitors standing below the instrument. The second, amplified, took place about thirty metres away, where the audience was invited to relax on lounge chairs arranged beneath a fig tree, facing the harp. Behind them, five loudspeakers and a subwoofer simultaneously diffused both the sound of the harp and the surrounding bioacoustic environment captured by two electret microphones, immersing this area in Aeolian melodies whose intensity evolved with the strength of the wind.
The third listening experience consisted of the live audio stream, which visitors were invited to connect to as they wandered through the site where the other artworks were presented. The installation thus invited the audience to experience the movement of air through multiple modes of listening to the same soundscape, from different locations and at varying distances across a single site.
Harpe à 16 cordes avec résonateur, 2 microphones électret, sonorisation puissante, audiostream du signal
16-string harp with resonator, 2 electret microphones, powerful sound reinforcement, audio streaming of the signal
Station flottante, Urban Boat
Garage MU Festival, Station – Gare des Mines, Music Protest, Le Placard Festival, Bellastock Festival
Paris, juillet 2021
J’ai installé à bord de l’Urban Boat, une péniche Freycinet de 38 mètres, mes deux premières harpes ainsi qu’un prototype de long string sur toute la longueur de l’embarcation, pour une croisière de 150 km entre Longueil-Annel, dans l’Oise, et Évry, par la Seine et les canaux de Paris. Les arrêts à quai, organisés dans différents festivals, ont proposé au public l’écoute de la transduction sonore de l’air sur l’eau sous la forme d’une installation amplifiée, d’une performance radiophonique et d’un film offrant à nos regards une translation progressive de paysages naturels vers l’urbanité crue de la ville de Paris.
Ce lent glissement de la nature à la culture dévoila sans artifice la brutalité sociale de la capitale par son entrée depuis Saint-Denis et Aubervilliers jusqu’au parc de la Villette. L’enjeu du film, tourné au fil de l’eau, s’attacha à suivre les articulations graphiques du paysage que nous fendions en navigation. Au gré des chants harmoniques éoliens, toute la violence sociale se dévoila à la caméra : campements de fortune de migrants sous les ponts des canaux, friches, tags artistiques et politiques, traversés par des Parisiens pressés chevauchant leurs vélos électriques sur le chemin de l’école ou du travail.
Ce film témoigne, telle une vibration, d’un regard porté sur une réalité sociale cachée depuis la rue mais visible depuis les canaux, faute de disposer, pour certains oubliés, de la plus élémentaire des dignités : la pudeur. Le montage cherche à suivre l’ondulation chronologique des événements apparaissant au cadre, comme une forme de « toposcopie » paysagère et sociale. Le son mêle le field recording de la navigation au chant continu des harpes, dont la musique donne une perception profondément vibratoire des territoires traversés.
zeitgeist #3
1 long string avec résonateur, 1 harpe-planche à 5 cordes, 1 harpe à 16 cordes
Set de microphones piézoélectriques et électret, sonorisation puissante, max/msp, logic pro
zeitgeist #4
Festival Horyzons-Sancy
Montgreleix, du 17 juin au 17 septembre 2023
Horyzons-Sancy Festival
Montgreleix, 17 June to 17 September 2023
Au départ du calvaire de Montgreleix, le public marche 20 minutes du contre-bas de la colline Lagarde jusqu’à son sommet à 1300 mètres d’altitude, offrant un point de vue à 360° sur toute l’Auvergne. Au fil de son ascension vers ce toit du monde, l’installation se dévoile peu à peu à nos yeux, puis à notre écoute.
9 harpes éoliennes hautes de 4 mètres forment un cercle mystique de 100 mètres de circonférence à l’intérieur duquel le public vient écouter la musique du vent qui souffle sur le Mont Cezalier.
Parmi les vaches, les oiseaux et insectes qui habitent ces lieux, le son que produit l’installation se mêle à l’ambiance bio-acoustique pour mettre tout le paysage en vibration et faire œuvre commune. Les mélopées éoliennes se synchronisent à la danse de la végétation ainsi qu’aux vols des nuages. On sent le vent souffler sur nous, on écoute, on regarde, on fait corps avec le paysage dans l’expérience synesthésique et polyphonique inouïe qu’offre cette œuvre de land art, à l’échelle du paysage.
Didier Ferment
Olivier Villefranche
Plateforme MAS – LMA-CNRS
Starting at the Montgreleix Calvary, visitors walk for 20 minutes from the base of Lagarde Hill to its summit at an elevation of 1,300 meters, where they are treated to a 360° view of the entire Auvergne region. As visitors ascend toward this “roof of the world,” the installation gradually reveals itself first to their eyes, then to their ears.
Nine 4-meter-tall wind harps form a mystical circle with a circumference of 100 meters, within which visitors come to listen to the music of the wind blowing over Mont Cezalier.
Amid the cows, birds, and insects that inhabit these places, the sound produced by the installation blends with the bioacoustic environment to set the entire landscape vibrating and create a unified work of art. The wind-harp melodies synchronize with the dance of the vegetation and the drift of the clouds. We feel the wind blowing over us; we listen, we watch, and we become one with the landscape in the extraordinary synesthetic and polyphonic experience offered by this large-scale land art installation.
Didier Ferment
Olivier Villefranche
MAS Platform – LMA-CNRS
9 harpes éoliennes acoustiques de 4 mètresinstallation circulaire de 100 mètres de circonférence, land art sonore
Nine 4-meter acoustic wind harps100-meter circular installation, sound land art
Résonances_Journées du Patrimoine
Rives du Rhône, Donzère, du 20 septembre au 14 octobre 2024
Résonances_Heritage Days
Banks of the Rhône, Donzère, 20 September to 14 October 2024
À l’occasion des Journées du Patrimoine en Drôme, le centre d’art Maison de la Tour-le Cube à Valaurie a organisé avec la Ville de Donzère l’exposition de cette installation le long du Rhône, à hauteur du défilé de Donzère. Au cœur du couloir de vent le plus puissant du mistral dévalant entre le Massif central et les contreforts des Alpes, 9 harpes éoliennes longent sur 90 mètres la Via Rhôna au bord du Rhône, artère fluviale majeure reliant la Suisse à la Méditerranée.
Depuis les multiples points de vue qu’offre ce grand fleuve, le public était invité à parcourir l’installation le long des rives à l’écoute de la transduction sonore du vent sur le fleuve, offrant une qualité sonore particulière par l’influence thermorégulatrice que l’eau exerce sur l’air en laminant son flux.
C’est pourquoi ce projet s’intéresse en particulier aux territoires de vents et d’eaux pour la qualité éolienne qu’ils procurent à son expression sonore, mais aussi pour le symbole qu’ils représentent, ensemble : il n’y a qu’à observer une carte pour se rendre compte que les cours d’eau constituent des couloirs hydriques et atmosphériques formant le réseau vital de la vascularisation d’un territoire.
Ainsi et par analogie, prêter attention aux vibrations de l’air sur l’eau nous invite à une relation holistique au paysage que nous habitons en faisant corps avec lui par l’écoute, le regard, le toucher, la respiration et l’expiration, révélant ce que nous avons de plus intime : notre propre souffle.
Conception
Virgile Abela
Construction
Virgile Abela
Laurenzo Jauneau
Valentine Guillien
Sincères remerciements à
Jacqueline Chambonnet
Jacques et Dominique Liautard-Philippot
As part of Heritage Days in the Drôme region, the Maison de la Tour-le Cube art center in Valaurie, in collaboration with the City of Donzère, organized an exhibition of this installation along the Rhône River, near the Donzère Gorge. In the heart of the strongest mistral wind corridor—where the wind rushes down between the Massif Central and the foothills of the Alps—nine wind harps stretch 90 meters along the Via Rhôna on the banks of the Rhône, a major waterway connecting Switzerland to the Mediterranean.
From the many vantage points offered by this great river, the public was invited to explore the installation along the banks while listening to the wind’s sound as it interacts with the river—a unique sonic quality resulting from the thermoregulatory influence that water exerts on the air by smoothing its flow.
This is why this project focuses in particular on the realms of wind and water—not only for the wind-borne qualities they lend to its sonic expression, but also for the symbolism they represent together: one need only look at a map to realize that waterways constitute hydrological and atmospheric corridors that form the vital network of a territory’s vascular system.
Thus, by analogy, paying attention to the vibrations of the air over water invites us to a holistic relationship with the landscape we inhabit, becoming one with it through listening, looking, touching, inhaling, and exhaling—revealing what is most intimate within us: our own breath.
Concept and Design
Virgile Abela
Construction
Virgile Abela
Laurenzo Jauneau
Valentine Guillien
Sincere thanks to
Jacqueline Chambonnet
Jacques and Dominique Liautard-Philippot
9 harpes éoliennes acoustiques sur 90 mètresinstallation sonore le long du Rhône
Nine acoustic wind harps spanning 90 meterssound installation along the Rhône
Zeitgeist #
une recherche transdisciplinaire sur l’art sonore éolien,
à l’écoute du paysage et de l’air du temps
An Aeolian Sound Art Research, Listening to the Landscape and the Spirit of the Times
Expériences synesthésiques uniques, sérielles ou déclinées,
elles s’emparent toutes des vibrations de l’air pour les
transformer en musique du vent. Les instruments et l’environnement font oeuvre commune,
plongeant alors notre perception du réel dans une fiction
méditative et vibratoire, comme une invitation holistique
à habiter autrement le paysage.
Chacune des formes de Zeitgeist se distingue par un #_.
desquelles naissent des installations, des performances,
des publications, des films et des innovations
organologiques dans les domaines du land art, de l’art
urbain et de la création sonore ou numérique. Cette
recherche se situe particulièrement dans la dimension de
deep listening, concept théorisé par la compositrice
Pauline Oliveros dans le champ de l’écologie sonore, comme
discipline sollicitant une conscience intérieure mettant
en jeu le psychisme de l’écoutant.
Single, serial or multiple synesthetic experiences,
they all harness the vibrations of the air,
transforming them into the music of the wind.
Instruments and environment become one, immersing our
perception of reality in a meditative and vibratory
fiction, as a holistic invitation to inhabit the
landscape differently.
Each form of ZEITGEIST
is distinguished by a #_, giving rise to installations,
performances, publications, films and organological
innovations in the fields of land art, urban art,
sound art and art & science. This research is
particularly rooted in the dimension of
deep listening, a concept theorized by the
composer Pauline Oliveros within the field of sound
ecology, as a discipline that engages an inner
awareness and the listener’s psyche.